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Chevaliers Noirs: au coeur du moyen age...
Chevaliers Noirs: Glossaire medieval

GLOSSAIRE MEDIEVAL

Ce glossaire médiéval rassemble les termes du moyen âge, qui apparaissent dans la saga. Contrairement à la terminologie du continent qui rassemble des notions spécifiques au monde des Chevaliers Noirs, ces termes décrivent des réalités historiques.
 

Glossaire Médiéval, de L à Z

Termes du moyen âge, 10e - 12e siècles

 

L

Lance : f. Arme. Longue hampe de bois, s’achevant par un fer avec une douille, emboîtée et rivetée. Arme la plus répandue au moyen âge, qui équipe presque tous les combattants. C’est aussi une des plus efficaces, bien moins chère qu’une épée aux 10e–12e siècles. La hampe est souvent en bois de frêne, voire en charme, pommier, ou sapin (essences robustes). Les gens de pied disposent de lances plus courtes que les cavaliers, et les sentinelles dans les couloirs des châteaux, de lances plus courtes encore. La longueur moyenne passe de 2 mètres au 9e siècle, à 2,20– 2,40 m au 11e, et près de 3 m fin 12e. Les lances de la cavalerie quant à elles peuvent atteindre jusqu’à 4 mètres de longueur, notamment celles utilisées pour la charge « lance couchée » (lorsque de nombreux cavaliers prennent le galop ensemble et arrivent au même moment pour l’impact). C’est une arme redoutable, que personne ne sous-estime : en transperçant elle laisse des plaies très larges et béantes, qui entraînent des hémorragies et la mort à coup presque sûr.
À pied ou à cheval, l’avantage de la lance est son allonge subite : elle peut s’avancer vite, encore plus vite quand elle est maniée à deux mains. En la retournant promptement, le combattant peut frapper avec le bois de la hampe pour étourdir l’adversaire, le déséquilibrer, le gêner. Loin d’être limitée aux coups de pointe, la lance par des rotations rapides peut envelopper, écarter l’arme ennemie, et asséner une attaque létale. Enchaîner ces rotations rend parfois les coups difficiles à anticiper. En revanche, les lances sont lentes en vol. Il n’était pas rare que la cible les attrape et les renvoie à l’adversaire. D’où l’abandon du javelot au moyen âge central, car celui-ci perçait difficilement les mailles, notamment en vol. La lance projetée par dessus l’épaule reste utile pour abattre les chevaux, et menacer les gens de pied vêtus de simples cuirasses.
Aux 10e-12e siècles la lance est pourvue principalement de trois sortes de fer : 1/ En long poinçon très effilé (comme une longue et fine aiguille), idéal pour percer les mailles, notamment au cours d’une charge montée. 2/ En losange, parfois à quatre arrêtes pour rompre les mailles. 3/ En feuille de sauge, larges fers plats, munis de petites gardes transversales appelées « languets » (survivance des temps carolingiens).
Au bout de la lance, les seigneurs et puissants portent leur bannière, les chevaliers un simple pennon.

 

Lance couchée : f. Formation de combat. Tactique de charge employée par les chevaliers, dite aussi « en haie ». En pratique la lance n’est pas tenue sous l’aisselle, mais plus bas entre le bras et le buste. Dès le 11e siècle les chevaliers peuvent donner l’assaut en 2 rangs de 20 à 25 chacun. Chaque rang suit une bannière ou un gonfalon au centre. Cette tactique requiert de l’entraînement, discipline et sang-froid. On avance d’abord au pas, puis au petit galop avant l’accélération finale. Le premier rang prend le galop, et couche sa lance, le fer braqué sur l’ennemi. La seconde ligne tient ses hampes dressées, puis les abaisse entre ceux de devant, pour les épauler. Tous les cavaliers accélèrent ensemble, bien affermis dans les étriers, presque genoux contre genoux. La charge a un effet psychologique sur l’ennemi, qui cherche d’instinct à s’écarter et rompt sa formation (ce qui aggrave sa situation). La cohésion de toute la troupe est essentielle au moment du choc. L’énergie du cavalier et du destrier s’additionnent à l’impact au bout de la lance. Dès que nécessaire, les chevaliers se retirent de la mêlée (en tournant bride), se reforment et chargent à nouveau.

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M

Mâchicoulis : m. Architecture militaire. Fente carrée, large rainure permettant de tirer depuis les hauteurs et à la verticale sur l’assaillant ou de déverser sur lui des pierres, des feux liquides (résines enflammées), chaux vive, eau bouillante, ou sable brûlant qui s’insérait dans l’armure. Les mâchicoulis étaient construits : 1/ Le plus souvent en saillie au sommet des remparts pour défendre leur pied. 2/ En saillie au-dessus des accès sensibles : portes, ouvertures de passages. 3/ Ou sous la voûte des galeries importantes (mâchicoulis internes). Ils avaient alors la forme d’un conduit qui parfois s’évasait jusqu’à atteindre un demi mètre de largeur.

 

Mailles : f. pluriel. Armure. Une des meilleures défenses, du 10e au 12e siècle. Ce sont des quantités d’anneaux de fer, très rarement d’acier, assemblées pour constituer une armure souple. Les anneaux ont les bouts serrés l’un au-dessus de l’autre, sont pressés (aplatis) et percés, pris les uns dans les autres et rivetés (les têtes de rivets à l’extérieur pour ne pas gêner le porteur). Chaque anneau est pris dans deux au-dessus et deux au-dessous, selon les meilleures normes de l’époque. Ils sont en fer, ce n’est qu’au 12e siècle qu’on en voit parfois en acier.
Confection : Il est possible d'assembler n’importe quelle longueur d’armure, tant qu’on peut ajouter des mailles, mais il faut une redoutable patience qui se mesure en centaines d’heures. Pour obtenir les anneaux, il faut tréfiler un fil de fer (d’un diamètre de 2 à 10 millimètres), torsader ce fil sur un tour à manivelle, puis le découper sur un axe bien droit, avec un marteau et un ciseau réchauffé. On obtient alors des anneaux ouverts. Il faut alors les resserrer un par un, aplatir les extrémités de chacun, et les percer d’un trou – pour mettre plus tard le rivet. On assemble ensuite les segments de mailles, avec des pinces sur des cadres de bois.
Qualités protectrices : Le « haubert », qu’on appellera plus tard cotte de mailles, est lourd (pas moins de 12 Kilos pour un haubert à manches longues qui se termine aux genoux), mais son poids est bien distribué sur les épaules. Le guerrier maillé reste très mobile pour parer et attaquer rapidement, une nécessité à l’époque. Les mailles résistent assez bien aux coups perforants – lorsque la pointe n’est pas assez fine pour les faire éclater. Mais avec un objet contondant et surtout tranchant, elles peuvent conduire un choc, provoquant de graves lésions sous l’armure. Avec un tranchant d’épée, la chair peut simplement éclater sous les mailles. C’est aussi pour cette raison qu’on les portait par dessus une doublure de cuir. Voir aussi Cotte de mailles, Haubert.

 

Maisonnée : f. Latin, Masnada, ancien français, Mesnie. L’ensemble des serviteurs, valets, chambrières qui composent la suite domestique d’une maison.

 

Mangonneau : m. Guerre. Grand engin de siège, à contrepoids non articulé, lançant boulets et pierres taillées. Il préfigure le trébuchet mais son contrepoids est fixe, ce qui déclenche des vibrations dans la structure, et affecte la précision du tir. Plus la machine est grande, plus ces vibrations sont importantes. Car les pierres bougent dans la caisse, à chaque fois que le contrepoids descend. Même quand elles sont bien tassées avec de la terre, la violence des tirs les ébranle tôt ou tard. Le mangonneau peut envoyer des boulets de 100 Kilos à 160 mètres, à raison de deux tirs par heure. Il sert à attaquer et détruire des fortifications. Pour réarmer, un grand mangonneau nécessite jusqu’à 12 servants et plus. C’est un travail éreintant et lent de ramener le bras. On l’abaissait avec un petit treuil à manivelle, ou avec des roues d’écureuil (appelées « roues de carrier » au moyen âge), qu’une personne faisait tourner en marchant.
Les témoins historiques ont en pratique utilisé le terme « mangonneau » pour décrire une grande variété d’engins de jet. Dans Chevaliers Noirs, le terme n’est utilisé que pour décrire précisément ce type d’engin, par opposition à Perrière et Trébuchet, en employant constamment l’orthographe « Mangonneau », de préférence à « Mangonnau » et autres dérivations médiévales. Voir Engins de siège.

 

Mantelet : m. Guerre. Grand volet de bois mobile, souvent monté sur roues et poussé par les attaquants pour approcher à couvert d’une place forte. Il n’y avait quasiment pas de siège sans mantelets. Ils offrent une protection contre les flèches ennemies et projectiles légers. Souvent, les mantelets sont pourvus d’une baie de tir au centre, pour que les archers amis puissent tirer. L’ennemi essayait de les contourner en décochant ses traits à la verticale, afin que ceux-ci retombent juste derrière les mantelets. Voir Engins de siège.

 

Masse : f. Arme. Arme de poing contondante, qui peut causer de sévères contusions et fractures même au travers des mailles. Il en existe plusieurs variantes au moyen âge central. Les masses « cloutées » sont hérissées de longues pointes de clous qui dépassent de la tête. D’autres plus simples ne sont que des bâtons contondants. Certaines ont une tête de fer ou de cuivre moulée, à pointes incorporées, emboîtée sur le manche par une douille. Les masses dites « à ailettes » ont une tête alourdie de lames de fer saillantes, qui courent dans le sens du manche.
Ces armes étaient davantage utilisées par les combattants non nobles, « les sergents ». Peu chères à fabriquer, surtout les masses cloutées, elles étaient capables de briser les os même au travers des mailles ou d’handicaper l’ennemi, et elles étaient largement employées.

 

Mercenaires : Troupes. Ils ont toujours existé au Moyen-âge, de manière plus ou moins discrète à certaines époques. Rapidement s’ils étaient compétents, leurs employeurs essayaient de se les attacher en leur distribuant des terres.

 

Merlons : m. pluriel. Architecture militaire. La partie pleine, et maçonnée, des crénelures au sommet d’un rempart. Les merlons dépassent fréquemment la taille d’un homme. Ils permettent de s’abriter. Les archers tirent dans les créneaux, mais se mettent à couvert derrière les merlons, sur les côtés. Les fameux « créneaux » ne sont que l’espace vide entre ces derniers.

 

Mur d’écus : m. Formation de combat. Formation de gens de pied qui se recouvrent mutuellement en arrangeant les écus pour qu’ils se chevauchent les uns les autres. Quand la formation, immobile, tient une position, le premier rang peut s’agenouiller pour protéger les jambes, le second rang placer les écus à hauteur de poitrine, le troisième les lever pour se défendre des projectiles. Lorsque la formation doit avancer – par exemple à l’attaque –, seul le premier rang peut tenir les écus en avant, laissant les jambes plus ou moins exposées. Les armes ennemies peuvent alors frapper au-dessus ou au-dessous des boucliers, feinter et ruser. Mais les murs d’écus constituent pour l’infanterie – les « piétons » – de formidables formations défensives. Lorsque deux murs d’écus se heurtent et s’accrochent, le combat devient alors particulièrement meurtrier et dur, une folie où on ne peut que soutenir ses camarades sur les côtés, et se préoccuper d’abattre tout ce qui vient devant soi.

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N

Nasal : m. Armure. Partie du heaume, pièce de fer qui descend devant le nez pour le protéger. Il apparaît à la fin du 10e siècle et se maintient jusqu’au milieu du 13e.
Lorsque le heaume est composé de plusieurs parties rivetées, le nasal fait partie du « cercle », la bande de fer qui ceint le front. Lorsque le heaume est forgé d’une seule pièce, il y est naturellement incorporé. Outre le nasal, pour protéger davantage leur visage, les combattants relevaient la Ventaille. Voir Ventaille.

 

Notaire : m. Métier, latin : Notarius. N’a pas le sens d’aujourd’hui, d’un officier public qui garantit l’authenticité des actes. Au moyen âge, « Notaire » désigne tout greffier, secrétaire, clerc, scribe, toute personne « qui note ». Donc tout personnage instruit qui écrit, enregistre des contrats, rédige des actes et des chartes. Par opposition, le terme « copiste » est plus restreint et désigne spécifiquement quelqu’un qui recopie un manuscrit – une nécessité pour diffuser les livres, avant l’apparition de l’imprimerie –. Un notaire peut se livrer à des travaux de copie, mais c’est une tâche spécifique là où le terme « notaire » englobe des activités plus vastes, pour la gestion des fiefs et des actes en ville. Voir aussi Parchemin, Scriptorium

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O

Ordre de Bataille : m. Formation de combat. À la bataille, depuis l’antiquité en passant par le moyen âge jusqu’à l’apparition du fusil, la tâche la plus importante du général était de « mettre en ordre ses forces » avant le combat. Où ranger les archers, devant ou derrière les piétons, où placer la cavalerie, fallait-il renforcer l’aile droite, le centre ou l’aile gauche ? Telles étaient les questions cruciales que se posait le général, en scrutant de près le déploiement ennemi. Tout dépendait des tactiques qu’il comptait employer, mais certains ordres de bataille en prohibaient certaines et en favorisaient d’autres. Une fois le combat commencé, il devenait assez difficile, voire très difficile de changer de formation, ou d’envoyer une troupe à un endroit précis. Avant l’avènement de la radio, le commandement se limitait à quelques signaux de trompes et tambours, des bannières levées, et la portée de la voix, imposant au général de se déplacer, d’aller évaluer la situation, et de se faire comprendre de ses hommes. D’où l’importance primordiale de l’ordre de bataille, le déploiement initial, qui bien souvent avait une influence décisive sur la suite des événements.

 

Orfrois : m. pluriel. Costume, ornements. Galons de soie, de drap d’or ou d’argent, brodés aux fils d’or ou d’argent. Rehausse les vêtements les plus précieux. Parfois sertis de perles, de paillettes de métal, de chatons d’orfèvrerie avec pierreries.

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P

Palefroi : m. Cheval réservé au voyage, monté pour le trot et la course. Il n’est pas dressé pour le combat, contrairement à un destrier.

 

Parchemin : m. Support d’écriture. Peau de mouton utilisée pour les documents écrits. Le papier n’existe pas au moyen-âge. On peut gratter le parchemin à la pierre ponce pour réécrire par-dessus. Les plus grossières et plus grandes de ces peaux sont réservées aux fenêtres, le verre étant un luxe quasi-inconnu. Voir aussi Scriptorium.

 

Pèlerine : f. Le terme n’est pas d’époque ; utilisé dans Chevaliers Noirs en remplacement de « Cotte » ou « Garde-corps », afin de simplifier. Long manteau à manches, souvent à chaperon.

 

Pennon : m. Drapeau. Fanion des simples chevaliers : longue bande d’étoffe, fine et triangulaire, clouée au bout de la lance sous le fer. Le pennon porte les couleurs et emblèmes. Il peut être fendu au milieu et s’achever en deux longues langues, comme une queue d’hirondelle. Sa forme correspond à celle d’une demi bannière, coupée de biais. Au 10e siècle, le pennon est d'abord réservé aux guerriers distingués et à ceux qui exercent un commandement sur le champ de bataille. Pendant les siècles qui suivent, il devient l’emblème du chevalier « qui ne porte pas bannière ».

 

Perrière : f. Guerre. Engin de siège de petite taille, à traction humaine par des cordes à l’avant. La traction sur ces cordes relève le bras, muni d’une fronde, qui envoie le projectile. Ce sont des machines de jet très anciennes, faciles à déployer, mais peu puissantes contre les fortifications. Une perrière envoie des pierres de 3 à 12 Kilos, à 40 voire 80 mètres, et elles arrivent à 140 Km/h. Une équipe bien entraînée peut effectuer un tir à la minute. Les servants, entre 6 et 10 tirent tous ensemble sur les cordes après qu’un artilleur ait orienté la fronde à l’arrière. On distingue la perrière de la bricole par sa taille plus petite, son absence de contrepoids, et par ses cordes arrimées en éventail à l’avant. Les servants sont à portée d’archers ennemis, mais l’engin peut pivoter ou être orienté rapidement, et ses effets sont destructeurs contre les troupes. Une perrière à un seul montant nous est montrée dans le manuscrit de Pierre d’Eboli – Liber ad honorem augusti –, mais d’autres formes existaient, à deux montants ou charpente plus lourde encore. J’ai utilisé partout l’orthographe « Perrière », de préférence à « Pierrier » ou « Pierrière ». Voir Engins de siège.

 

Pont roulant : m. Architecture militaire. Pont amovible qui coulisse sur des chaînes et rondins à l’horizontale. Il est avancé et rétracté, manœuvré par un treuil, souvent situé dans une salle en sous-sol. Lorsqu’il est avancé, il rejoint un pont fixe au-dessus d’un fossé. Lorsqu’il se rétracte en roulant sur des madriers, il coulisse sous le dallage d’une galerie. Ce type de pont équipait l’entrée de plusieurs châteaux à l’époque romane. Le pont roulant préfigure le pont-levis, qui n’apparaît qu’à la fin du 13e siècle, et ne se répand qu’au 14e.
Détails: Le pont roulant est rétracté à l'intérieur du château, puis les portes sont fermées devant le seuil au bord du fossé. Elles peuvent même être fermées lorsque le pont est avancé, car une rainure ménagée dans la pierre, sous les portes, surbaisse la passerelle et la place au même niveau que le dallage de l’entrée.
Depuis le treuil, des cordes ou des chaînes passent dans des poulies et une série de petits rouleaux de bois situés sous le plancher amovible. Le pont roulant est fait de deux longs madriers parallèles (4 mètres ou plus) reposant sur ces roulements ou essieux, eux-mêmes pris en sandwich sur des poutres fixes en dessous. Les madriers du dessus supportent un robuste solide plancher de solives clouées. C’est la partie roulante.
En tournant le treuil vers l’avant, on fait avancer ce plancher qui franchit le fossé et vient s’appuyer sur le tablier fixe en face. Le pont roulant repose alors sur une encoche de ce tablier, ou directement sur une pile.

 

Prévôt : m. Dignité, fonction, latin : Praepositus. Préposé civil ou judiciaire, royal ou seigneurial.

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Psaltérion : m. Musique. Ancien instrument de musique, très employé au moyen âge, de forme carrée ou triangulaire. Ses cordes sont pincées ou grattées avec un plectre.

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S

Salle palatine : Architecture, latin : Aula. Dite aussi « Salle du palais » ou « Palais ». Grande salle où le Seigneur reçoit ses vassaux et sujets, exerce son pouvoir. Il y rend la justice, confirme ses fidèles dans leurs fonctions, reçoit en audience. La cour y siège. La salle est très souvent située dans un logis attenant au donjon, de plain-pied pour accueillir le plus grand nombre. Pour un souverain, la Salle palatine devient une « Salle du trône ».

 

Sarrau : m. Costume. Tunique courte, sans manches ou à mancherons. Le sarrau s’arrête à la taille. On le porte par-dessus une autre tenue, par exemple pour éviter de salir un bliaud. C’est une sorte de blouse. Quantité de termes attestent que des vêtements équivalents au sarrau étaient très répandus, sous diverses appellations.

 

Sceau : m. Armes, effigie, ou devise gravés en creux, souvent montés sur une bague en intaille, et ce dès les Carolingiens – on parle aussi « d’anneau sigillaire ». Cet anneau est porté à l’annulaire droit, toujours par-dessus les gants. Le « grand sceau » est par opposition une large empreinte souvent conservée à la chancellerie et qui, lorsqu’il est apposé sur un document, revêt un caractère impérieux. « Sceau » désigne aussi par extension l’empreinte laissée dans la cire.

 

Scriptorium : m. Architecture civile (terme latin passé dans le langage courant). Salle où les notaires, civils ou religieux, rédigent, copient, ou encore enluminent les manuscrits sur parchemin. Le scriptorium est l’endroit dédié où sont disposés les pupitres, et où en général on ne dérange pas les scribes – il y règne une atmosphère studieuse –. À distinguer de la bibliothèque, où l’on ne fait que conserver les livres, quand ce ne sont pas de simples armoires à clef qui en font office.

 

Selle : f. Équitation. Entièrement de bois au moyen âge, elle ne comporte pas de pommeau à l’avant mais deux larges arçons qui remontent – souvent courbés en volutes vers l’extérieur – pour bien caler le cavalier et lui permettre de résister aux chocs.

 

Sénéchal : m. Fonction, dignité, latin médiéval : Senescalus, ancien français : Sinischalk, Seneschal. À l’origine chef des serviteurs, de la maisonnée, souvent maître échanson, présentant de sa main le vin – et les plats – au seigneur. C’est un homme de confiance, un personnage influent. La fonction évolue par la suite. À partir du 11e siècle, le Sénéchal peut diriger des armées ou des provinces, exercer la justice et administrer les finances, pour un seigneur voire le roi.

 

Sergent : m. Militaire. Désigne tout guerrier non noble, qui généralement touche une solde. Au moyen âge, sergent n’est pas un grade hiérarchique mais un statut, opposé à celui des combattants nobles. Voir aussi Soudard.

 

Soudard : m. Militaire. A donné « Soldat ». Littéralement, celui qui touche une solde pour se battre. Tous les combattants non nobles sont dans ce cas. Désigne un grand nombre de guerriers au moyen âge, les nobles étant rarement majoritaires sur le champ de bataille, et encore moins dans les garnisons.

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T

Tête de sanglier : f. Formation de combat, latin : Porcinum capet. Voir Coin.

 

Tonnelon : m. Guerre. Engin avec une nacelle en forme de tonneau, au bout d’un long mât relevé par un treuil. Certains tonnelons étaient mobiles, montés sur roues. Le tonnelon est utilisé dans deux circonstances. 1/ Pour hausser des archers qui tirent sur la garnison d’une place assiégée, et pour reconnaître des fortifications à distance. 2/ En l’approchant soudain, il permet de déposer des guerriers sur un chemin de ronde afin qu’ils aillent s’emparer des tours et points-clefs par surprise, voire ouvrir les portes. Voir Engins de siège.

 

Tour de siège : f. Guerre. Grande tour de bois montée sur roues, souvent couverte de peaux humides afin de résister aux flèches enflammées, approchée des remparts ennemis pour déposer quantité de combattants sur le chemin de ronde. La tour de siège existe depuis l’antiquité, au moyen âge elle est souvent appelée « beffroi ». Très haute, elle pèse plusieurs dizaines de Tonnes, et il faut la défendre pendant qu’elle approche des remparts. On commence par combler le fossé au pied des murailles, et niveler son parcours. Il y a ensuite plusieurs moyens d’approcher le beffroi, tous ont été employés historiquement. 1/ Par des treuils internes et cabestans à la base de la tour, tournés par des hommes. 2/ Par traction animale avec de nombreux attelages tirant dans le sens opposé à la place. 3/ En préparant une rampe pour que le beffroi roule de lui-même, ou aille légèrement plus vite à l’arrivée, facilitant ainsi la traction par des cordes. Des combinaisons de ces moyens, avec traction et plan incliné, ont été employés. Les défenseurs faisaient tout leur possible pour détruire la tour de siège, en l’incendiant et en faisant tirer leurs machines. Comme les assaillants ne pouvaient pas cacher leurs préparatifs, l’heure exacte de l’attaque devait rester secrète. Enfin, on postait souvent des archers au sommet de la tour, en leur aménageant des créneaux de bois. L’utilisation de ces tours, lourdes et chères à construire, exigeant de nombreux efforts, était toujours un enjeu stratégique. Voir aussi Beffroi.

 

Trébuchet : m. Guerre. Engin de siège de la plus grande taille et puissance connue au moyen âge. En terme de charpente, c’est un monstre mû par un contrepoids, qui expédie des pierres de grande taille ou des projectiles incendiaires. La charpente pouvait dépasser les 12 à 14 mètres de hauteur. Le poids des pierres lancées était souvent de 125 Kilos, pour une portée de 220 mètres environ. L’engin ne tirait toutefois qu’une à deux fois par heure. Le trébuchet était une variante du mangonneau, avec contrepoids articulé (parfois de 18 Tonnes), ce qui réduisait les vibrations et améliorait la précision du tir. Le contrepoids était constitué d'une huche pleine de terre ou de roches, qui en tombant relevait le bras appelé « verge ». Au bout, une fronde expédiait le projectile en remontant. Le service d’un Trébuchet nécessitait 1 maître et 40 servants appelés « tendeurs » – sans doute répartis en deux équipes de 20 –. Pour dresser l’engin, le mettre en batterie, il fallait en outre 1 maître, 5 compagnons et 10 charpentiers ou terrassiers. Selon le livre de comptes de Pontorson en 1378, le transport d’un seul trébuchet nécessitait 31 chariots. Ces engins très onéreux recevaient des surnoms affectueux, tout comme les canons aujourd’hui. Le trébuchet apparaît au 12e siècle en Europe, et se répand au 13e.
Enfin cet engin peut lancer ses pierres par-dessus les remparts, car ses trajectoires sont hautes et paraboliques, avec une apogée bien marquée. Voir Engins de siège.

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V

Vassaux : m. pluriel. Féodalité. Dits aussi « hommes liges », les obligés d’un seigneur ou d’un suzerain, qui lui rendent hommage et sont liés par serment envers lui. Un vassal peut avoir ses propres vassaux. Le terme n’a pas de connotation péjorative au moyen âge. C’est un système, qui engage des hommes libres envers un seigneur, avec réciprocité de loyauté.

 

Ventaille : f. Armure. Partie du haubert qui recouvre le bas du visage. C’est un pan maillé, qui se relève sur le menton pour protéger le cou, et s’attache de chaque côté du visage, près des pommettes (d’autres systèmes à un seul bouton sur le côté existaient). Souvent, la ventaille était doublée de cuir pour éviter le frottement des rivets sur la peau, les chocs. Elle pouvait parfois monter jusque sous les yeux, couvrant la bouche et tout le bas du visage – mais elle était peu pratique pour se faire entendre, ou se faire reconnaître au combat.

 

Voile : m. Costume. Du 10e au 12e siècle, le voile est un morceau d’étoffe de longueur variable, posé sur la tête et souvent retenu par un mince diadème appelé « cercle ». Le voile dégage le visage, le cou, laisse apparaître les cheveux au-dessous. Il est surtout flottant et peut descendre jusqu’aux épaules comme au bas des reins, voire aux chevilles, devenant alors un vêtement équivalent à la chape ou au manteau. À l’époque, on considère que les jeunes femmes peuvent montrer leurs cheveux, et que les femmes mariées doivent les couvrir d’un voile pour sortir – ce qui n’est pas une obligation –. En revanche, le voile est parfois détourné en élément de séduction, alors transparent, fait d’étoffe très fine, voire précieuse. Il laisse deviner la chevelure, ainsi que les longues tresses, souvent affectionnées par les dames à l'époque romane.

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