Des armes aux bannieres, decouvrez tout
Chevaliers Noirs: au coeur du moyen age...
Chevaliers Noirs: Glossaire medieval

GLOSSAIRE MEDIEVAL

Ce glossaire médiéval rassemble les termes du moyen âge, qui apparaissent dans la saga. Contrairement à la terminologie du continent qui rassemble des notions spécifiques au monde des Chevaliers Noirs, ces termes décrivent des réalités historiques.
 

Glossaire Médiéval, de D à K

Termes du moyen âge, 10e - 12e siècles

 

D

Dague : f. Arme. Couteau à deux tranchants, porté à droite à la ceinture. Le terme « dague » n’apparaît qu’au 13e siècle, mais il existait depuis bien avant tout un assortiment de couteaux de chasse et de poignards d’appoint, qui complétaient l’équipement des guerriers.

 

Destrier : m. Équitation. Cheval de guerre, entraîné depuis son plus jeune âge à ignorer les cris, le danger, le vacarme du combat et les feux. Les destriers étaient agressifs et impatients. La plupart du temps, il s’agissait d’étalons. En effet un cheval ordinaire n’est pas habitué à voir des coups voler autour de lui, ni à passer à l’attaque sans paniquer. Cependant un gouffre sépare les destriers du 14e siècle (habitués à porter plus de 100 Kilos de cavalier et d’armure, très statiques, lourds et lents), et ceux des 10e–12e siècles. À cette époque les destriers sont un peu plus grands que la moyenne (1,4 à 1,5 m au garrot, soit 14 à 15 mains), surtout très musclés et puissants, mais encore éloignés du cheval de trait. Ils sont alors très mobiles, capables de galops d’endurance comme de nombreuses manœuvres de cavalerie (feintes, voltes, retraites simulées). Cependant, on ne les montait jamais avant la bataille, pour les ménager. On voyageait à dos de palefrois, avec l’équipement sur des chevaux de bât, appelés « roncins ». Chaque chevalier avait un destrier de rechange (s’il en avait les moyens), et ils étaient hors de prix. Outre leur sélection et leur long entraînement depuis l’âge de poulains, ces chevaux disposaient d'une diète spéciale, et il fallait les exercer régulièrement. Les chevaliers en prenaient un soin jaloux, et discutaient de leurs qualités comme on discute aujourd’hui de celles des purs-sangs. Voir aussi Écuyer, Lance couchée.

 

Donjon : m. Architecture militaire. À l’origine, grosse tour carrée qui abrite la demeure du seigneur. Mais rapidement, on a préféré des logis seigneuriaux plus aérés et plus grands. Le donjon devient alors le dernier refuge de la garnison, en cas de perte des cours du château. Les seigneurs réaménagent l’intérieur de cette tour pour en faire un dédale criblé de défenses retorses, visant à retarder l’ennemi. Ainsi il n’est pas rare pour passer d’un étage à l’autre, d’emprunter des cages d’escalier différentes, de passer en enfilade dans des traquenards, face à des postes de tir. Les plans du donjon sont souvent tenus secrets ; le seigneur n’y reçoit pas ses invités. Les normands sont réputés, aux 11e–12e siècles, pour avoir construit des donjons massifs et très épais. Celui de Domfront, bâti entre 1092 et 1123, était une des plus grandes tours en Normandie avec 28m de hauteur hors toiture, et des murs de 3m d'épaisseur. Avec toutes ces défenses, sentinelles et serrures dont peu de personnes gardaient les clefs, le donjon était parfois très pratique pour entreposer des ressources et objets de prix, voire des documents secrets.

Retour

E

Échauguette : f. Architecture. Petite logette de pierre en encorbellement, souvent aux angles des châteaux ou sur le côté d’une porte pour mieux la défendre.

 

Échelade : f. Siège. Attaque à l’échelle de remparts, pour prendre pied de force sur le chemin de ronde d’une place. C’est une des formes les plus dangereuses d’attaques, très élevée en pertes humaines, à moins d’employer une ruse pour masquer ses intentions.

 

Écu : m. Armure. Le terme médiéval pour « bouclier ». Il est indispensable au combat. L’écu est fait de planches taillées et agglutinées, souvent de tilleul, peuplier ou frêne, parfois bordé de fer sur le pourtour. On le tient à l’intérieur par des courroies ou une barre. Les têtes des rivets (pour les sangles ou la barre) apparaissent sur la face externe, souvent recouverte de cuir et peinte de quartiers, spirales, croix enroulées, dragons, figures animales, et autres emblèmes personnels.
L’écu est aussi pourvu d’une longue sangle afin d’être passé dans le dos, car c’est ainsi qu’on le porte au repos. Au combat, on l’emploie en coordination rapide avec une arme, dont il cache les attaques. L’écu est mobile, sans cesse déplacé. Les combattants font varier la distance à laquelle ils le tiennent, feintent avec celui-ci, l’écartent un bref instant le temps d’attaquer, veillant à ce qu’il s’interpose toujours devant l’arme ennemie. On pousse aussi avec, on donne des coups, on fait dévier dynamiquement les attaques.
Du 10e au 12e siècle, sont employés deux sortes d’écus :
1/ L’écu rond, très large et complètement circulaire. Il s’étend en moyenne sur 80-90 centimètres de diamètre, et couvre environ du menton aux genoux. Au centre se trouve une boucle de fer, derrière laquelle la main qui le tient est protégée. L’écu rond est empoigné par une barre de fer, rivée sur la face interne. Pour parer, on le déplace surtout de haut en bas.
2/ L’écu en amande, dit aussi « oblong », « barlong », et que les anglo-saxons appellent « kite shield ». Il a la forme d’une goutte d’eau renversée : en haut ovale et arrondi, il s’allonge pour finir en bas en pointe fine. Il mesure en moyenne 1 à 1,20 mètre de hauteur, pour 45-55 centimètres à son endroit le plus large en haut.
Ce type d’écu était considéré comme idéal pour protéger les cavaliers ; il est présent en nombre sur la tapisserie de Bayeux. La boucle de fer, sur la face externe, n’est qu’ornementale. Pour le tenir, on passe l’avant-bras gauche dans des courroies. À pied, le mouvement principal pour parer est souvent latéral. De nombreuses feintes spécifiques se pratiquent avec l’écu en amande. En selle, il est souvent tenu à l'horizontale, pour protéger le flanc gauche du destrier, et il est redressé si nécessaire pour protéger le côté et la jambe gauche.
Quelle que soit sa forme, l’écu protège, intercepte, masque les attaques, et tous les guerriers s’entraînent sans cesse avec.

 

Écuyer : m. Rôle, apprentissage. Jeune homme qui porte l’écu d’un seigneur ou chevalier (le terme vient de là), qui fourbit ses armes et prend soin de ses montures, règle de nombreuses tâches d’intendance pour lui. C’est un chevalier en apprentissage, exercé à l’art de la guerre, et souvent d’origine noble, avec l'espoir de se faire un jour un nom. L’écuyer est souvent armé, et tient les armes à disposition de son maître. À la bataille, il le suit de près avec un destrier de rechange (n’hésitant pas à se mettre en danger), pour le lui donner si par hasard son cheval était tué sous lui.

 

Encorbellement : m. Architecture. Toute construction en saillie, avancée, surplomb sur une façade, qui dépasse de l’étage inférieur. Très fréquent dans l’architecture civile au Moyen-âge, afin de gagner de la place. Tout aussi fréquent dans l’architecture militaire, pour défendre les portes et le pied des fortifications. Les bretèches et les hourds sont des exemples de constructions en encorbellement.

 

Engins de siège, ou engins de guerre : m. pluriel. Guerre. Une grande variété de machines de guerre ont été employées au moyen âge ; elles sont regroupées en deux familles.
1/ Les engins qui lancent des pierres, taillées ou non, et autres projectiles. Opérés par la force humaine (traction sur des cordes) ou par un contrepoids. Voir Bricole, Mangonneau, Perrière, Trébuchet.
2/ Les engins utilisés pour l’invasion, qui permettent d’amener des attaquants à destination, en s’approchant à couvert d’une place forte. Voir Beffroi, Bélier, Mantelet, Tonnelon, Tour de siège.
Pour les autres techniques de siège, voir Échelade, Feux de guerre.

 

Épée : f. Arme. Longue lame à double tranchant, utilisée exclusivement au combat. À l’époque romane, sa longueur varie de 70 centimètres à environ 1 mètre, pour environ 2 Kilos. Elle est souvent faite d’une âme de fer recouverte d’acier, ce qui lui donne des caractéristiques flexibles et dures, les tranchants étant totalement acérés, quasi inattaquables à la lime. C’est une arme particulièrement meurtrière, qui inflige des blessures terribles. Aux 10e-12e siècles, elle est maniée par des mouvements de balancier, retours et rotations… dans une escrime pleine de subtilités et très rapide.
L’épée a beaucoup évolué au cours du moyen âge, selon la disponibilité du métal, l’amélioration de la forge, le style de combat et le renforcement des armures. La pointe, la garde, la longueur ont changé d’allure. Selon leurs formes, les familles d’épées ont été classifiées notamment par E. Oakeshott, J. Petersen et A. Geibig.
L’épée en revanche est strictement une arme de guerre, fort coûteuse. Aux 10e–12e siècles, tous les combattants n’en ont pas. La plupart sont équipés de lances, haches, couteaux et masses. C’est une question de prestige et de statut que de posséder une épée. Le chevalier n’aime pas s’en séparer, et « se sent nu sans elle ». Même en tenue civile, il porte l’épée à la ceinture, pour signaler son appartenance à la caste guerrière.
Les épées recevaient souvent des noms, en Occident comme en Orient. Avant d’être un symbole d’autorité et de justice, avant même une possible signification mythologique (comme dans les romances arthuriennes), l’épée est une arme. Là où un couteau suffit à tuer, l’épée est bien plus létale : à pleine vitesse, elle tranche, et très profondément, parfois même jusqu’aux os. De très nombreuses preuves en ont été fournies par l’analyse des squelettes retrouvés sur les champs de bataille. Encore faut-il saisir l’opportunité, tromper l’écu de l’adversaire, mais une épée qui atteint un corps à pleine vitesse peut ouvrir des plaies effrayantes.
Incidemment, les épées dans Chevaliers Noirs sont souvent de type Oakeshott X, XI, XII, XIIa, et XIII – la plupart sont antérieures au 12e siècle, et toutes ont coexisté historiquement à la fin de celui-ci –. Celles de l’Homme Sombre et de Darius sont dites « à une main et demie », à poignée assez longue pour être tenue à une main ou deux, la seconde reposant sur le pommeau pour imprimer un effet d’accélération.

 

Éperons : m. pluriel. Équitation et guerre. Aux 10e–12e siècles, ils n’ont pas de molette mais se terminent par une longue pointe droite, au bout d’une pièce en « U » qui couvre le talon. On ferme ses éperons par des lanières, sur les bottes ou les souliers. C’est un des symboles de la chevalerie, avec l’épée.

 

Épieu : m. Arme. Lance à hampe courte souvent utilisée pour la chasse, notamment au sanglier. Son fer est plat et large, contrairement à ceux des lances. Il peut être lancé comme un javelot mais cette technique est tombée en désuétude aux 10e–12e siècles contre les mailles, que l’épieu peut rarement percer, vu la largeur de son fer.

 

Étendard : m. Drapeau, ancien français : Estendart. Long drapeau de guerre, bien plus long que la bannière et réservé au chef d’une expédition, au commandant d’un corps de bataille. L’étendard peut mesurer plus d’un mètre cinquante et se termine par deux langues en queue d’hirondelle. Il arbore les emblèmes et couleurs de son propriétaire, souvent avec une devise brodée. Son usage est réservé à la guerre. « Lever l’étendard », revient à partir en guerre.

Retour

F

Fermail : m. Attache, ornement. Synonyme de Fibule. Voir Fibule.

 

Feux de Guerre : m. pluriel. Guerre. Concerne toutes les préparations incendiaires, utilisées notamment lors des sièges. La poudre noire venue d’Orient n’arrive qu’au 14e siècle en Europe, introduite par les arabes, mais de nombreux feux de guerre sont en usage bien avant et ce depuis l’Antiquité. « Feux de guerre » désigne toutes sortes de préparations incendiaires, quelle que soit leur composition. Parmi les huiles les plus inflammables de l’époque on trouve celles de térébenthine et de genièvre, obtenues par distillation au moyen d’alambics primitifs. Mais les combattants emploient toutes sortes de résines végétales pour la fameuse « poix », voire de la graisse et du sang, voire même des combinaisons de salpêtre et chaux vive qui peuvent s’enflammer par hydratation au contact de l’eau. Le terme « feu grégeois » est employé par abus par les chroniqueurs, car la recette exacte est perdue depuis l’antiquité, bien que de nombreux substituts hautement inflammables aient été mis au point par les ingénieurs du moyen âge. Pour les orifices qui permettaient de déverser ces feux liquides, voir Mâchicoulis.

 

Fibule : f. Attache, ornement, latin : Fibula. Large attache souvent décorée et ornementale, utilisée pour fermer les manteaux sur l’épaule droite, et les cols des bliauds féminins comme masculins. Au moyen âge, la fibule peut être ornée d’émaux, de filigranes, de pierreries et ciselures, d’incrustations diverses. Portée par les hommes comme les femmes, elle est considérée comme un joyau au même titre qu’un anneau ou collier. Il en existe de très simples pour les plus humbles, car la fibule est très pratique, comme de très ornées pour les nobles. « Fermail » est synonyme de fibule, ayant rigoureusement le même sens.

 

Fléau : m. Arme. Manche avec une chaîne, terminée par une boule de métal hérissée de pointes. Il apparaît au 12e siècle sous le nom de « Plommée à chaîne », puis devient courant au 13e, et au 14e où il est appelé « Fléau d’armes ». Arme puissante et très dangereuse, capable d’endommager une armure et de rompre des os. Outre les actions de flagellation, très rapides, des mouvements trompeurs peuvent être assénés d’un coup de poignet, ou en faisant tournoyer la boule pour qu’elle arrive à des endroits inattendus. Lorsqu’un adversaire pare avec l’écu, la boule hérissée de pointes peut parfois passer par dessus, ou sur les côtés, pour venir se loger dans le bras qui tient le bouclier. Presque inutile pour les parades, le fléau doit être employé avec un écu. Pour vaincre un adversaire armé d’un fléau, il faut annuler ses attaques, donc anticiper, jouer sur les distances, esquiver ou intercepter la boule, et attaquer dans ce bref laps de temps.

 

Fortifications : f. pluriel. Architecture militaire. Tous les ouvrages de pierre et de bois qui contribuent à la défense d'une place forte. Voir Archère, Bretèche, Donjon, Échauguette, Herse, Hourds, Mâchicoulis, Merlons, Pont roulant.

 

Frein : m. Équitation. Partie du mors de bride, utilisée pour arrêter le cheval. Le frein désigne aussi le levier sur les chariots, qui permet de caler les roues.

Retour

G

Galon : m. Costume, ornement. Bande d’étoffe qui rehausse le vêtement, souvent rapportée en bas des bliauds et chemises, autour du col, ou au bout des manches. D’une couleur différente de l’habit, il crée un jeu de teintes ou des effets ton sur ton. Beaucoup de galons sont brodés, comportant des figures ou des fresques narratives. Les plus beaux peuvent être brodés de soie, fils d’or ou d’argent, avec des perles, des émaux, des pierreries, de l’os et de l’ivoire, de l’argent ou du laiton, des boutons d’ornement finement ciselés.

 

Gens de pied : m. pluriel. Troupes. Tous les guerriers qui combattent à pied. Ils sont très nombreux dans les armées médiévales. La cavalerie est chargée de donner le coup décisif et de poursuivre, mais elle n’est pas infaillible si l’on tue ses chevaux, notamment sous des volées de flèches. Une infanterie professionnelle en rangs serrés a longtemps constitué un atout, et est restée indispensable jusqu'à la fin du moyen âge. Elle formait 53% des effectifs de Guillaume le conquérant en 1066 à Hastings, 66% des effectifs de Philippe Auguste en 1214 à Bouvines. Synonymes : piéton, guerrier à pied, fantassin. Pour les formations de combat, voir aussi Coin, Mur d’écus.

 

Gens de trait : m. pluriel. Troupes. Tous les combattants qui lancent des traits, donc avant tout les archers et arbalétriers, l’emploi de javelots s’étant raréfié à partir du moyen âge central.

 

Gonfalon : m. Drapeau. Drapeau, le plus souvent vertical, large et carré, qui se termine par de longues « langues » (banderoles). En marche, il est suspendu à une lance tenue droite, à l’instar des enseignes de la légion romaine. Voir aussi Bannière, Étendard, Pennon.

 

Guet : m. Troupes. Milices urbaines déployées dans presque toutes les villes, qui ont fait l’objet de nombreux règlements et codifications, parvenus jusqu’à nous. Le guet assure un travail de police dans les cités, chasse les larrons, règle les litiges, veille à ce que les lois soient appliquées, filtre les arrivants aux portes, et surveille sur les remparts l’approche d’un éventuel ennemi.

Retour

H

Hache : f. Arme. Arme de guerre à manche terminé par un fer tranchant. Celles de combat diffèrent des outils utilisés à la campagne. Les haches de combat ont souvent un manche d’1 mètre, et un fer de 30 à 45 centimètres de long pour 15 à 22 de hauteur. La forme du fer varie : étroit, évasé, en croissant… Les haches ne sont pas plus difficiles à manier que les épées, et sont nettement moins chères. La puissance du coup arrive sur une petite section, avec assez de force pour fendre des mailles ou un heaume. On les manie à deux mains, ou à une seule avec un écu. Avec le bord incurvé du fer, la hache peut accrocher l’écu de l’adversaire et le tirer subitement vers le bas, le laissant exposé. On peut même se servir de ce bord pour attraper un poignet ou une cheville, et déséquilibrer autrui. À une main, un guerrier peut faire glisser sa prise le long du manche, afin d’augmenter son allonge et d’atteindre l’ennemi. Grâce à sa forme et ses attaques tournantes, la hache peut souvent contourner un écu. Maniée à deux mains, elle est aussi d’une puissance redoutable.

 

Haubert : m. Armure, latin : Lorica, ancien français : Halberk, Osberc. Le nom d’époque de la « cotte de mailles », ce dernier terme étant plus tardif. Pour ne dérouter personne, les deux termes ont été employés dans Chevaliers Noirs. C’est une longue armure souple d’anneaux de fer (parfois d’acier à partir du 12e siècle), chacun enlacé dans quatre autres et riveté. Ce sont les « mailles ».
Le haubert se finit en jupe maillée, fendue sur les côtés pour les piétons, fendue devant et derrière pour les chevaliers, les pans attachés sur les cuisses (une nécessité pour combattre à cheval).
Au 10e le haubert s’arrête à mi-cuisses ou moins, au 11e celui des chevaliers descend aux genoux ou juste en dessous. À partir du 12e on commence à le compléter avec des chausses de mailles. Mais l’armure reste courte pour les gens de pied.
Un bon haubert est souvent muni d’un chaperon de mailles, qu’on rabat sur la tête, qu’on lace sur le cou, et par-dessus lequel on relève la ventaille. Les manches sont courtes à l’origine, puis s’allongent jusqu’aux poignets, et au 12e se finissent en véritables moufles de mailles, qui s’ouvrent par une fente ménagée dans la paume en cuir.
Les petits hauberts courts, étaient appelés « haubergeons ». Ils avaient rarement des coiffes, s’arrêtaient dans le meilleur des cas à mi-cuisses, avec des manches au coude ou sous l’épaule. Ils étaient portés par les gens de pied, les écuyers, et les chevaliers les moins riches.
Au 11e siècle le haubert pèse aux alentours de 9,5 Kilos, contre 10-12 Kilos au 12e, pour 30000 anneaux environ.
À partir du 11e aussi, on commence à le porter sur une doublure : une longue tunique de toile ou de cuir piquée et remplie de bourre.
Son port est signe de noblesse. Les hauberts étant coûteux, ils sont transmis de père en fils, et souvent réparés. Comme les mailles sont susceptibles de rouiller, on nettoie les hauberts non pas à l’eau, mais en les roulant dans un tonneau rempli de sable et de vinaigre.
Voir aussi Mailles, Ventaille.

 

Heaume : m. Armure de tête. Le terme médiéval pour « casque ». Aux 10e-11e siècles, il n’enferme pas encore le visage et se contente du nasal en guise de protection faciale. Sa forme est conique en Europe (en ogive). Il est parfois à contre-courbe sur la face frontale, dans un style « phrygien ».
Le heaume est fait de quatre quartiers rivetés à des bandes de fer qui se croisent au sommet, ou coulé d’une seule pièce et forgé. Il dispose très souvent d'un nasal qui descend et protège le nez des coups les plus évidents. Le heaume est doublé de cuir rembourré, tenu par une lanière lacée sous le menton avant le combat. On porte le heaume par dessus le chaperon de mailles du haubert, et quand on n’en a pas les moyens par dessus une coiffe de cuir, rembourrée si possible. Voir aussi Nasal.

 

Herse : f. Architecture militaire. Dite aussi « porte Sarrasine ». Grille à claire-voie souvent de bois dur (sapin ou frêne) renforcé de pièces métalliques. Elle s’abaisse pour condamner un passage maçonné et piéger des assaillants à l'intérieur. On peut tirer des flèches et donner des coups de lance au travers, c’est tout son intérêt. La herse se termine en pointes effilées qui souvent s’enfoncent dans des trous au sol, afin de la maintenir en place. Elle est manœuvrée par un treuil à l’étage supérieur, qui dispose souvent de contrepoids, car elle est lourde.

 

Hourds : m. pluriel. Architecture militaire. Galerie défensive en bois, posée en temps de guerre ou en cas de menace, au sommet des murailles et des tours. Les hourds s’avancent en encorbellement au-dessus du pied de la place forte, permettant de lancer des flèches, de déverser des projectiles sur l’ennemi. Les hourds peuvent ainsi constituer de très longues galeries couvertes qui longent le sommet des murailles. Depuis le chemin de ronde, on y prend pied en passant par les créneaux. C’est simplement un ouvrage de charpente, dressé en haut des remparts et des tours, et qui a été peu à peu remplacé au fil des siècles par des mâchicoulis en pierre.
Car l’inconvénient des hourds est que l’ennemi peut les incendier, ou les détruire assez facilement à coups de projectiles envoyés par ses engins.

 

Hypocras : m. Boisson. Vin pimenté très apprécié au moyen âge, souvent infusé de cannelle et girofle. De nombreuses recettes existaient, dès les Carolingiens.

Retour